Mikhail DOROKHOV

A l’âge de douze ans, Mikhail Dorokhov intègre l’Ecole d’Art de Moscou auprès de l’institut Sourikov. Il commence à expérimenter différentes formes d’art, et fait alors la connaissance de Lev Nouillesberg, le fondateur du cinétisme russe. Peu à peu, il exprime deux visions parallèles du monde : une vision visuelle figurative et une vision métaphysique philosophique. En 1962, Mikhail Dorokhov obtient son diplôme. 

En 1966, Lev Nouillesberg écrit un manifeste des cinétistes russes et est à l’origine de la création du groupe des artistes « Dvizhenie » (Mouvement). Mikhail Dorokhov, très proche des membres de ce groupe, décide que les contraintes assez étroites du concept ne lui laissent pas assez de liberté et décide de rester un artiste indépendant. Il pense alors que le mouvement dans la dimension spatiale, qui était le sujet principal des cinétistes, n’était pas assez intégré dans la dimension temporelle. C’est la raison pour laquelle, entre 1966 et 1969, Dorokhov travaille à la création d’un film animé « Naissance et vie d’une idée », qui représente en soi une toile qui change dans le temps : il s’agit là d’un véritable Mouvement artistique.

En 1972, Mikhail Dorokhov termine l’Université d’État d’Imprimerie de Moscou  (MGUP). Il travaille ensuite à l’illustration de livres et en décore plus de 500. Ses illustrations se distinguent par une finesse extraordinaire et un respect du texte. Il arrive à créer dans cet univers un espace particulier, une sorte de cosmos, où vivent ses personnages. Un cycle entier de peintures naitra de ses illustrations avec notamment un recueil de poésies consacrées à Anna Akhmatova.

Toutefois, le thème principal qui l’occupe reste l’abstraction métaphysique, la signification spirituelle qui se cache derrière des équations mathématiques.

En 1988, l’artiste émigre en Grande-Bretagne. 

En 1995, Mikhail Dorokhov voyage au Népal, où il se consacre à l’étude des mandalas. Cette expérience devient fondamentale dans le travail futur de l’artiste : la création  devient pour lui un moyen d’atteindre « une réalité supérieure ». Cette réalité reste toutefois souvent imprégnée d’un esprit chrétien, comme témoignent les noms de ses différentes séries d’œuvres intitulées « Trinité » ou encore « Ange ».

 

Au moment de l’apogée du formalisme, ses oeuvres les plus abstraites ne perdent pas de leur profondeur et richesse, demeurant des « signes spirituels », ce qui les rapprochent d’une certaine manière des icônes.